références/references
(il y en a tant, va-t-il falloir choisir;
je choisis trois livres
j’en changerai tous les mois
au gré de leur acuité)
“le cadavre d'une joie égarée dans la nuit profonde de sa propre soie.”
“un geste dans l'intention, dans son mouvement qui dit intention, dans un déplacement qui expose l'intention, qui la distille et la célèbre dans sa plus que parfaite déclaration, l'intention. dans une déflagration vers l'autre qui n'en finit pas d'éteindre sa flamme. on brûle tout ce qui a dans ce déplié de bras, de main, de doigts pour trouver l'artère où pulse le caprice.
j'avais cette couture défaite en moi j'avais pris la décision de la laisser s'ouvrir pour en extraire tout le cri-- certains actes crient éternellement. (et la belle erreur n'eût plus d'emprise.)”
“et si tout s'arrêtait aujourd'hui en sentence sur ton devenir lumière-- tu ne serais pas ébranlée. et si tout s'écroulait en pluie de nuit sur tes épaules à peine remises, ça irait. et si ton souffle empêché de tout mouvement devenait pure caillasse, tu serais en paix. pour dire ce qui s'est passé, ce qui a détruit en toi la dernière digue qui retenait la mer, tu n'as pas de mot. une intuition, à peine. sérénité d'éternelle tendresse avec toi-même, avec l'autre, dans ce ballet de plumes et de soie sauvage qui dansent entre tes doigts. (et si tout ça, ce n'est qu'illusion, prétendre à la paix quand tout autour s'écroule, alors c'est bien assez.)”
“ qu'importe le dépeçage: tant que tu peux continuer à coudre et dévider les mots fils. et puis un jour, tu ne te sentiras plus coupable.”
“ à quoi bon travailler sur l'éphémère si c'est pour le voir pourrir éternellement?”
“ c'est compliqué, mourir: naître à l'envers.”
“ il a dormi longtemps ce corps-- plus que moi ces trois derniers jours-- et je le recompose sans saccade, retour au fluide. je pars loin, des kilomètres de rails sous la neige fondue. mais la trajectoire, mais l'élan. mais la force.”
extraits
Mais cette vie-là demande. toujours. plus. de. lumière.
Sabrina Calvo
“Mais c’était encore la liberté d’acquiescement, la plus ardue de toutes, que je me suis le plus rigoureusement appliqué. Je voulais l’état où j’étais; dans mes années de dépendance, ma sujétion perdait ce qu’elle avait d’amer, ou même d’indigne, si j’acceptais d’y voir un exercice utile. Je choisissais ce que j’avais, m’obligeant seulement à l’avoir totalement et à le goûter le mieux possible. Les plus mornes travaux s’exécutaient sans peine pour peu qu’il me plût de m’en éprendre. Dès qu’un objet me répugnait, j’en faisais un sujet d’étude; je me forçais adroitement à en tirer un motif de joie. En face d’une occurrence imprévue ou quasi désespérée, d’une embuscade ou d’une tempête en mer, toutes les mesures concernant les autres étant prises, je m’appliquais à faire fête au hasard, à jouir de ce qu’il m’apportait d’inattendu, et l’embuscade ou la tempête s’intégraient sans heurt dans mes plans ou dans mes songes. Même au sein de mon pire désastre, j’ai vu le moment où l’épuisement enlevait à celui-ci une part de son horreur, où je le faisais mien en acceptant de l’accepter. Si j’ai jamais à subir la torture, et la maladie va sans doute se charger de m’y soumettre, je ne suis pas sûr d’obtenir longtemps de moi l’impassibilité d’un Thraséas, mais j’aurai du moins la ressource de me résigner à mes cris.
Et c’est de la sorte, avec un mélange de réserve et d’audace, de soumission et de révolte soigneusement concertées, d’exigence extrême et de concessions prudentes, que je me suis finalement accepté moi-même.”
extrait
Mémoires d’Hadrien
Marguerite Yourcenar
"Je croyais pourtant que, de l'extérieur, je n'étais pas trop visible.
À chaque minute qui passait, il restait de moins en moins de moi-même, mais il y a aujourd'hui des pneus crevés qui peuvent encore faire mille kilomètres.
Il vaut peut-être mieux qu'on se parle, parce que sans ça, les choses vont trop vite nulle part, et après, il faut revenir.
Prêter à rire, il n'y a rien de plus généreux.
(il multipliait les preuves d'existence)"
"Il m'observait attentivement, avec une curiosité légitime, lorsque l'on reçoit une inconnue qui présente tous les signes extérieurs d'un naufrage. Il devait se demander s'il y avait d'autres survivants.
[...]
Mais lorsqu'elle souriait, c'était comme une autre vie qui apparaissait: elle avait dû être longtemps heureuse."
"Lorsque l'on a aimé une femme de tous ses yeux, de tous ses matins, de toutes les forêts, champs, sources et oiseaux, on sait qu'on ne l'a pas encore aimée assez et que le monde n'est qu'un commencement de tout ce qui vous reste à faire."
"Je ne crois pas aux pressentiments, mais il y a longtemps que j'ai perdu foi en mes incroyances. Les je n'y crois plus sont encore des certitudes et il n'y a rien de plus trompeur."
extraits
Clair de Femme
Romain Gary
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